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Denouer les noeuds de l'emprise

Le 25 mai 2024, nous avons organisé le lancement de la nouvelle collection (à découvrir ici 😉) et nous avons profité de ce moment ensemble pour faire également un atelier de discussion sur l'emprise de la violence avec la modération des Ateliers Gango.

Gango est né d'un projet indépendant mis en place pour répondre à trois besoins fondamentaux : développer la confiance en soi des femmes, lutter contre les oppressions quotidiennes liées aux inégalités de genre & offrir un espace d'expression face aux transformations sociétales contemporaines. A travers cette initiative, Sophie et Aurélie organisent des ateliers de discussion pour favoriser l'émancipation collective des femmes et leur développement personnel.

Notre atelier était basé sur le livre « Je n'existais plus » écrit par le Prof. Pascale Jamoulle, anthropologue et assistante sociale (UCL/Laap et à l'UMONS), publié en 2021.

Pendant sept ans, elle a mené une étude sur le terrain afin de mieux comprendre les systèmes de contrôle, les risques liés au passage d'une exploitation à l'autre et la dynamique du désengagement.

Ce livre est une vraie exploration du phénomène du contrôle psychologique et social (connu sous le nom d'« emprise » ou de contrôle coercitif). Jamoulle se penche sur les différentes formes d'emprise, qui dépassent le cadre habituel de la violence domestique pour s'étendre aux relations de manipulation au sein de la famille, du monde du travail et des réseaux criminels.





Les 6 étapes de l'emprise

Comme l'ont bien expliqué les Ateliers Gango à l'aide d'une corde, le contrôle est comme « un sac de nœuds ». Plus il y a de nœuds, plus la prise est établie. Les nœuds se resserrent en effet les uns sur les autres.

Le premier nœud est basé sur les vulnérabilités biographiques, c'est-à-dire l'expérience d'un traumatisme précoce, l'abandon, le contrôle initial, etc. Il s'agit également de contextes de subalternation tels que le genre, la classe, les effets du lieu, le système d'exil.


Le deuxième nœud est simplement une mauvaise rencontre, la séduction par le charisme d'un prédateur avec lequel le lien devient vital.


Le troisième nœud se caractérise par la mise en place d'une machinerie complexe de contrôle qui comprend des processus très progressifs de conditionnement/écrasement, d'enfermement et d'endoctrinement.


Le quatrième nœud est le développement d'une dépendance émotionnelle totale et le secret lorsque la victime se retire en silence.


Le cinquième nœud est le déni, l'aveuglement du côté de la victime, mais aussi l'absence de droits et de protection institutionnelle de la part de la société. La personne s'enfonce alors dans un abandon social total et dans la méfiance.


La dernière étape est celle des risques de répétition qui renvoient au premier nœud (effets du psycho-traumatisme, affaiblissement des protections, sentiment de vide et de dépersonnalisation).


D'ailleurs, dans son livre, Jamoulle illustre ses résultats par des témoignages poignants, souvent douloureux, de personnes ayant vécu ces formes d'emprise. Elle met en lumière les complexités de l'emprise, en montrant qu'il s'agit d'un problème social multiforme et omniprésent qui enferme les victimes dans un réseau de manipulation et de dépendance.


Comment sortir d'une relation toxique ?

Jamoulle met également l'accent sur le concept de « déprise », c'est-à-dire le processus qui consiste à se libérer de ce contrôle. Elle insiste sur le fait que surmonter l'emprise est un parcours lent et difficile, qui exige de la résilience personnelle et souvent un soutien extérieur. Son travail met en évidence la nature systémique de l'emprise, démontrant qu'il ne s'agit pas simplement d'une dynamique individuelle entre la victime et l'agresseur, mais qu'elle implique des facteurs sociaux et institutionnels plus larges :


1. Imaginer une autre vie : puiser dans les ressources, les liens de protection et la transmission.


2. Quelqu'un témoigne de la prédation : prise de conscience et désengagement.


3. Dénouer les rouages de l'emprise : il faut se déconditionner, repenser et s'autonomiser.


4. Décrire les effets de l'emprise : lorsque la victime commence à se libérer (rompre le silence/la honte/la culpabilité) et à exprimer sa rage.


5. Trouver de l'aide : Bénéficier de la protection de la communauté directe et de l'État de droit.


6. Transformer l'expérience en connaissance : la victime est maintenant prête à développer des compétences atypiques et à transformer sa colère en énergie utile pour se construire une vie saine.


J'espère que ce résumé vous sera utile. N'hésitez pas à participer à la discussion et à partager votre expérience sur nos réseaux sociaux @tulipanedesign


Plus d'info sur les Ateliers Gango: http://www.gango.be/ 

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